Un projet aussi savoureux qu’émouvant
Dans le cadre de leur chef-d’œuvre, les élèves de CAP Pâtisserie (CAPAT) du lycée, accompagnés de leurs enseignantes, Mmes AMDAA, MORENO, SUISSE, ainsi que de Mmes FILLIOLAUD et MAZETIER du dispositif ULIS, ont relevé un défi aussi ambitieux que touchant : réaliser les gâteaux de rêve des enfants et adolescents polyhandicapés de la structure CESAP – Les Heures Claires à Freneuse, à l’occasion des 60 ans de l’association CESAP. Créée pour répondre aux besoins des familles ayant des enfants polyhandicapés, cette association œuvre depuis 1965 dans l’accompagnement médico-social.
Le vade-mecum définit le chef-d’œuvre comme une réalisation concrète s’appuyant sur les compétences professionnelles et transversales de l’élève, dans le cadre d’un projet pluridisciplinaire. Ce projet en est un bel exemple.
Une rencontre bouleversante et formatrice
Avant de se lancer dans la pâtisserie, les élèves CAPAT ont choisi d’aller à la rencontre des jeunes du CESAP pour prendre les commandes directement… Avec l’aide de Mme BAILLY, enseignante spécialisée du CESAP – Les Heures Claires, ils ont travaillé autour de la qualité organoleptique de leurs futures œuvres pâtissières. Des paniers d’ingrédients et des visuels colorés ont été présentés aux jeunes pour susciter l’envie et permettre de choisir.

Ce fut un moment fort, à la fois sur le plan humain et professionnel.
« La première fois qu’on s’est rendu là-bas, j’avais un peu peur de réagir bizarrement en les voyant, mais au final, ça s’est très bien passé grâce aux accompagnants », confie Elouan. « On a pu essayer de communiquer avec les enfants, connaître leurs goûts et préférences… On est donc parti sur un gâteau chocolat blanc, framboise, fraise, vanille. »
La communication, parfois complexe, a demandé une vraie adaptation : visuelle pour certains, verbale et sensorielle (odorat, toucher) pour d’autres.
« L’échange a été compliqué, plusieurs personnes ne parlaient pas », explique Mathys. « Les images nous ont permis de communiquer, et on leur en a fait goûter certains. On devait comprendre s’ils aimaient ou pas à travers leurs expressions. »
Estébal ajoute : « Moi, lors de ma première visite, je ne l’ai pas montré, mais j’étais très ému de voir les enfants dans cet état de polyhandicap. J’ai beaucoup pensé aux aides-soignantes qui, elles, sont là tous les jours. On a rencontré deux groupes : Indigo et Tournesol. »
Créativité, technicité et émotions en cuisine
De retour au lycée, chaque groupe a réfléchi à la composition de son entremets en tenant compte des goûts exprimés et des contraintes alimentaires : sans lactose, textures mixées, fausses routes…
« Pour ce projet qui était de réaliser le gâteau des rêves des enfants polyhandicapés, nous devions le faire selon leurs contraintes, leurs préférences, leurs goûts, leur couleur préférée… Avec notre groupe, on a opté pour une charlotte cassis avec un crémeux vanille avec biscuits cuillères » nous dit Sarah.
Dierson raconte avec fierté : « Les enfants voulaient un dinosaure qui fait du foot et du rose. On a réalisé un entremets au chocolat blanc avec un biscuit cuillère moelleux et un crémeux vanille. J’en suis fier. »
Estébal et Mathis ont conçu un gâteau tournesol pour le groupe… Tournesol !
« Une génoise avec plusieurs mousses aux fruits – pomme, poire, fraise, mangue, framboise – et un coeur trois chocolats pour faire plaisir à tout le monde », précise Estébal. « L’entremets à la fraise était sans lactose, on a remplacé le lait par de la crème de coco », complète Mathis.
Damien, quant à lui, a souligné un point crucial : « Les enfants avaient du mal à manger dur, donc il fallait faire du mou. »
Elouan explique également : « Pour la préparation, je suis parti sur un entremets avec un biscuit cuillère, un insert chocolat blanc et une mousse fruits rouges. Il y a eu quelques complications à la production, mais on a réussi. Pour la décoration, les enfants voulaient du rose, un dragon rose, et un ballon de foot : donc un mi-dragon mi-dinosaure sur un gâteau rose ! »
« La réalisation du gâteau fut honnêtement très facile, ce qu’il y avait de plus dur au final était de comprendre dans nos idées, les assimiler, se mettre d’accord etc… », conclut Sarah.
Un jour J riche en émotions
Le 11 avril, les élèves ont transporté leurs créations avec soin jusqu’à la structure, veillant à ne pas rompre la chaîne du froid.
« Nous avons eu un peu peur lors du trajet, il fallait rouler doucement pour ne pas casser les gâteaux, surtout que le nôtre avait de la meringue sur le dessus, le trajet s’est finalement bien passé, il n’y a pas eu de casse », précise Sarah. « Arrivés au lieu de rendez-vous ils nous ont accueilli avec de la musique et des tables avec des assiettes, boissons etc… »
Accueillis chaleureusement sous la tonnelle du jardin, ils ont présenté leurs créations aux enfants et au personnel.
La dégustation a été un moment de grande émotion et de fierté partagée.
Mathis témoigne : « J’ai ressenti beaucoup de joie, surtout en voyant les enfants savourer les gâteaux. Ça m’a appris la patience, comme les soignants qui les accompagnent chaque jour. »
Pour Ozac, cette expérience fut aussi un déclic professionnel : « Cela m’a beaucoup apporté. Je pourrai mieux comprendre ce que les clients aiment et les conseiller. »
Évangéline, elle, a vécu ce projet de manière intime : « J’ai deux frères handicapés. Ce chef-d’œuvre m’a aidée dans ma relation avec eux. »
Sarah ajoute : « La journée s’est finalement très bien déroulée, ils étaient contents et nous aussi puisque nous avions réussi notre projet qui était donc de réaliser le gâteau de leurs rêves ».
Et Elouan de conclure : « J’étais juste heureux de leur donner le sourire. Cette aventure a changé mon regard. Peu importe qui mangera mes desserts, je dois m’adapter. Après cela, j’ai même accepté de revenir deux jours hors cours pour préparer un menu spécial pour des malvoyants. »
Un chef-d’œuvre au vrai sens du terme
Ce projet a permis aux élèves de comprendre qu’un gâteau peut être bien plus qu’un simple dessert : une émotion, un langage, une trace dans un souvenir heureux. Tous s’accordent à dire que ce chef-d’œuvre les a profondément transformés, les rapprochant de leur futur métier avec plus d’humanité, de sensibilité et de passion.

Les élèves de CAPAT et leurs enseignants.
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Estébal ajoute : « Moi, lors de ma première visite, je ne l’ai pas montré, mais j’étais très ému de voir les enfants dans cet état de polyhandicap. J’ai beaucoup pensé aux aides-soignantes qui, elles, sont là tous les jours. On a rencontré deux groupes : Indigo et Tournesol. »
